
Dans un entretien accordé à notre rédaction, le Directeur Général de l’Institut itinérant de formation et de prévention intégré contre la drogue et autres conduite addictives revient sur la mission de son Institution. Par ailleurs, Dr Thierno BAH donne une lecture de la consommation de la drogue en Guinée. Avant de lancer un appel à la jeunesse.

Créé en 2007, l’Institut itinérant de formation et de prévention intégrées contre la drogue et autres conduite addictives fait partie des 18 Institutions d’Enseignement Supérieur du pays. Il a pour mission, la conception et la mise en œuvre de la politique Éducative du gouvernement en matière de lutte contre la drogue.
« Cet institut est créé sur recommandation des Nations unies, dans le cadre des formations diplômantes pour des médecins par exemple tout ce qui est prise en charge thérapeutique des usagers de drogue, mais aussi la réinsertion sociale », indique Dr Thierno BAH, tout en soulignant que : « L’Institut doit créer des modules de formations en formant par exemple des médecins et des acteurs de lutte contre la drogue et d’autres acteurs sociaux. Par exemple si on met master en addictologie clinique, ça c’est juste pour les professionnels de santé, maintenant un master de prévention, c’est tous les acteurs qui interviennent dans le cadre de la lutte contre la drogue, d’autre master aussi qu’on appelle formation de renforcement de capacité pour la police, la douane, la gendarmerie, tout ce qui est filature. C’est la raison pour laquelle nous sommes une institution transversale. Nous ciblons non seulement au niveau du public, des étudiants, des élèves, mais aussi le grand public… C’est vrai, nous n’avons pas d’étudiants, mais aujourd’hui à l’image des autres pays, ce sont des étudiants post-universitaires. C’est-à-dire des étudiants qui veulent se spécialiser ».

Parlant de ses rapports avec les autres Institutions d’Enseignement supérieur, le DG de l’Institut itinérant de formation et de prévention intégré contre la drogue et autres conduite addictives fait savoir qu’ils sont au beau fixe.
« Nous appartenons dans le même collège avec les autres institutions. Le collège des recteurs et des directeurs généraux. Le rapport, il est bon. Nous avons des conventions de partenariat avec d’autres institutions d’enseignement supérieur qui sont en rédaction, à savoir Gamal Abdel Nasser, l’Institut de communication, l’UGLC Sonfonia », a-t-il laissé entendre, avant d’indiquer « Nous avons installé des comités dans les autres institutions d’enseignement supérieur du pays. Ces comités sont des antennes de relais, pour qu’on puisse diffuser les messages de sensibilisation envers les étudiants pour un changement de comportement sur la consommation de la drogue ».

Depuis son arrivé à la tête de cet Institut, Dr Thierno BAH multiplie les efforts pour rehausser le système d’Enseignement au sein de son Institution.
« Il y a déjà beaucoup d’avancés, parce que nous avons travaillé sur l’intégration de curricula de formation contre l’usage de drogue au compte du pré-universitaire. Nous avons lancé cet atelier, il y a eu beaucoup de sessions. Nous allons finaliser cela au mois de décembre. Et après, Mme la ministre de l’Enseignement Supérieur Dre Diaka Sidibé et son homologue M. Guillaume Hawing vont se rencontrer pour qu’on puisse enseigner la drogue à l’école à travers les différentes unités d’enseignement qu’ils ont au niveau du secondaire et de l’élémentaire », a-t-il souligné.
Par ailleurs, Dr Thierno BAH rappelle que son Institut est la porte d’entrée de plusieurs Institutions en Guinée.
« Nous avons une salle de formation qui est une salle de renforcement de capacité. Jusqu’à présent nous n’avons pas conçu les modules de formation. Depuis notre arrivé à la tête de notre institution, nous sommes dans cette dynamique. Nous avons retrouvé notre partenaire qui est l’office des nations unies de lutte contre la drogue qui a un programme national. Il y a aussi la CEDEAO qui a un programme de formation avec le plan colombo qui est un programme américain qui enseigne tout ce qui est prévention sur la drogue. Nous faisons un relais ici en Guinée pour organiser des formations sur la prévention de la toxicomanie sur le traitement et surtout ce qui concerne la recherche ou l’enquête sur les phénomènes de drogue. Nous nous travaillons sur des recommandations, des conventions que la Guinée a ratifiées sur le plan éducatif. Nous sommes aussi des interlocuteurs avec les organisations internationales sur le plan de la prévention et de la prise en charge. Nous avons signé aussi une convention de partenariat avec l’office centrale antidrogue l’OCAD. L’objectif de cette convention, c’était déjà de former les cadres de l’OCAD sur tout ce qui est pratique en matière de lutte contre la drogue mais aussi dans les cadres des droits de l’homme… au niveau de la filature, des renseignements, à travers notre partenaire l’ONUDC. On les accompagne aussi dans l’indentification de la drogue ».
Médecin de formation, expert sur les politiques de drogue auprès du conseil de l’Europe et ancien de l’Université de Strasbourg, Dr Thierno BAH déplore aujourd’hui le phénomène de la drogue qui gagne du terrain en Guinée. Aujourd’hui, selon lui, il y a beaucoup de types de drogue.
« Il y a la drogue dure et celle légère. La drogue légère beaucoup de personnes en consomment sans savoir que c’est une drogue. Le tabac, l’alcool, la chicha, le cannabis, font partie de cette drogue. Les drogues dures que vous connaissez sont des synthèses, il y a la cocaïne, l’héroïne et autres. Mais ces drogues sont un peu consommer aujourd’hui. Notre pays est devenu aujourd’hui une zone de transit », fulmine le Directeur Général, avant d’envoyer un message à la jeunesse guinéenne : « Halte à la drogue. Il ne faudrait pas qu’on ait une jeunesse consommatrice de drogue. Il faut que la population sache que la drogue est un problème social, de santé publique et de sécurité nationale. La drogue est une substance psychotrope qui agit directement sur le système nerveux central. C’est raison pour laquelle la drogue ne se contrôle pas. Certains manifestants ou certains accidentés de circulation ils sont souvent sous l’emprise de la drogue. Les jeunes doivent faire beaucoup attentions à ces nouvelles tendances de drogue qui viennent d’autres pays de la sous-région qui sont en train de nous envahir ici. La kush, le tramadol, … Il ne faudrait pas qu’ils soient désœuvrés. L’avenir du pays les appartient. Donc nous souhaitons, à l’horizon 2030 avoir une jeunesse débarrassée de l’usage de la consommation de la drogue », a-t-il lancé.
Interview réalisé par SOW Telico et Sadjo Diallo
Tel: 00224 622 98 10 01














