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Guinée/Covid-19 et galère: les Etudiants sont-ils privés de leurs pécules ou bourses d’entretien?

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Depuis quelques mois, des étudiants évoluant dans les institutions d’Enseignement Supérieur du pays sont confrontés à d’énormes difficultés liées au non payement de leurs bourses d’entretien. Dans les conditions normales, les bourses des mois de janvier, février et mars auraient dû être payées depuis le 15 avril. Mais, jusqu’à la date d’hier, lundi 04 mai 2020, aucune information n’a filtré sur la date du payement de montant qui permet à de nombreux étudiants de joindre les deux bouts.

Depuis l’apparition du Covid-19, écoles et universités sont fermées. De nombreux étudiants, notamment ceux venus de l’intérieur et qui comptent essentiellement sur ces maigres bourses, sont aujourd’hui pris au dépourvu.

Oumar DIALLO, étudiant en 1ere année Licence à l’Institut des Sciences de l’Information et de la Communication (ISIC) de Kountia, raconte son calvaire. « Quand nous étions nouvellement venus à l’Université, nous avons pensé que l’État allait donner les pécules à chaque fin de mois. Mais au fil du temps, on s’est rendu compte que c’était un rêve. On a fait trois mois sans pécule. C’est seulement au mois de janvier qu’on a reçu notre bourse d’entretien au compte du premier trimestre. Bien avant cette paie, on souffrait beaucoup ici. Surtout nos amis(e) qui viennent de l’intérieur du pays. Moi je suis à Conakry. Mais, je suis épaulé économiquement par mes parents qui sont à l’intérieur du pays. Aujourd’hui ceux-ci pensent qu’un étudiant est synonyme de fonctionnaire. Quand j’appelle là-bas pour qu’on m’envoie de l’argent pour satisfaire mes besoins, ils disent que la position est inclinée là-bas aussi. Si jusqu’à présent on n’est pas rentré en possession de nos pécules et nous sommes ignorés dans le plan économique de riposte du COVID-19 du gouvernement. Ça ne peut être qu’une déception de notre part », a-t-il laissé entendre.

A la question de savoir comment il gagne sa vie à cette période particulièrement compliquée, Oumar DIALLO explique : « j’ai formé des groupes de révision dans le quartier et je gère un télé-centre en ce moment de congé forcé. Tout cela, c’est pour pouvoir subvenir à mes besoins. Donc, nous demandons à notre département de tutelle de se pencher sur notre situation qui est très précaire actuellement », a lancé cet étudiant en Communication.

Trouvé en train de travailler dans un chantier à Kassonyah, dans la préfecture, Jules Akoï, étudiant en Journalisme, estime que malgré la petitesse du montant, les pécules servent à quelque chose. « Moi, je viens de Sérédou, dans Macenta. Mais aujourd’hui, nous tirons le diable par la queue. Malgré que ces 285.000 GNF sont insignifiants, mais ça permet de couvrir quelques dépenses. Moi, je suis chez mon oncle où le manger et mon transport sont pris en charge. Mais malgré tous ces soutiens de mon oncle, notre pécule compte beaucoup. En tant que jeune étranger, on a d’autres besoins à satisfaire. D’ailleurs, moi mon inquiétude est le détournement de cet argent destiné aux étudiants au compte du deuxième trimestre. Parce que c’est possible qu’ils confisquent  le deuxième trimestre pour ne payer que les trois derniers mois de l’année. »

Étudiant au département science comptable à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, Ousmane Camara impute ce retard de leurs pécules à la maladie du Covid-19. « Chez nous à Sonfonia, ils avaient même dit, selon une note circulaire, qu’on allait nous payer le 20 avril. Mais vu la persistance de la maladie, selon les autorités, ils n’ont pas voulu réunir ces milliers d’étudiants pour la paie pour éviter les risques de contamination en milieu universitaire. C’est pourquoi jusqu’à présent on n’est pas payé. On a même des amis qui sont partis auprès des parents à l’intérieur parce qu’ils ne peuvent plus tenir ».

Toutes nos tentatives pour rencontrer les autorités universitaires sont restées vaines.

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