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Grève en Guinée : Le secteur éducatif fortement impacté

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S’il y a un secteur qui a été secoué par le mot d’ordre de grève générale et illimitée lancée par le Mouvement Syndical de Guinée, c’est bien l’éducation. Les écoles publiques et privées n’ont pas connu d’affluence ce lundi 26 février 2024.

Selon nos constats, la quasi-totalité des élèves et enseignants ont brillé par leur absence dans les écoles. Au sein des établissements privés, les parents d’élèves ont préféré garder leurs enfants à la maison.

Au Collège Almamy Samory TOURE où on a commencé notre constat, une trentaine d’élèves de la 10ème année étaient présents dans la cour de l’école. Ils gardent l’espoir qu’un des enseignants pourrait venir d’un moment à l’autre. Alors qu’ils ont trois matières, aucun des enseignants programmés n’a répondu à l’appel.

Dans les écoles privées visitées, les élèves sont absents. Seulement quelques encadreurs y sont. « Les enfants ne sont pas venus aujourd’hui. Les parents qui nous appellent craignent pour la sécurité de leurs enfants. Vous avez vu, dans la cour il n’y a aucun élève », a confié Moussa TOLNO, comptable d’une école privée de la DCE de Matoto.

Au Collège-Lycée El Hadji Boubacar Biro DIALLO, seulement trois élèves étaient présents à la montée des couleurs. Le chef d’établissement préfère ne pas commenter pour des raisons personnelles. Nous nous sommes dirigés dans une classe d’en face du bureau de l’administration de l’école. Là, les élèves de la Terminale Sciences Mathématiques ont fait appel à leur professeur de Mathématiques afin de traiter les exercices : « Je suis venu ce matin à cause de mes élèves. Ils m’ont appelé et au regard de leur niveau de formation je me suis dit qu’il faut venir traiter des exercices avec eux. L’avenir de ces enfants, c’est dans nos mains. Je suis enseignant contractuel et ça fait deux ans que je suis dans cette école. Je demande aux candidats de venir à l’école, s’il n’y a pas de d’enseignants, ils peuvent mettre en place une révision », a déclaré Sâa Augustin TOLNO.

Cette candidate pour le Baccalauréat Unique session 2024, estime que cette grève est inopportune même si elle reconnaît que les enseignants vivent dans une situation précaire.

Elle demande aux autorités de prendre des dispositions idoines afin de mettre fin à cette grève dont personne ne connaît la suite.

« Les enseignants se plaignent tout le temps en disant qu’ils ne sont pas bien payés et ils logent très loin d’ici. C’est pourquoi je demande aux autorités de les aider car nous souffrons tous », a-t-elle réagit.

Regain de tension à Wanindara

Si dans certains quartiers on parle de cours, dans le quartier Wanindara, la tension était vive entre certains jeunes et des agents des forces de l’ordre.

Dans l’après-midi ce lundi, des jeunes voulant occuper la chaussé ont été repoussés par les agents des forces de l’ordre déployés sur les lieux. Durant des heures on a assisté à des échangent de coups de pierres contre des gaz lacrymogènes largués par les unités de police et de gendarmerie déployées sur les lieux. Le passage était impossible avant l’arrivée de ses derniers.

Tout a commencé aux environs de 13h, lorsque les jeunes manifestants ont décidé d’ériger des barricades sur la transversale T5-Kissosso Plaque. Un acte qui a aussitôt attiré l’attention des agents en attente dans les environs. Après quelques minutes de résistance, les jeunes manifestants se sont retranchés dans le quartier où ils tentaient désormais de franchir la ligne imposée par les forces de l’ordre.

Au niveau de Wanindara mosquée sur l’axe T5-Enco’5, il n’y a pas eu d’affrontements mais la tension est restée palpable. Nous avons constaté l’interpellation d’un jeune manifestant qui a été embarqué dans l’un des pick-up de la gendarmerie garé à quelques mettre du rond-point de la T5.

Africaguinee