{"id":7049,"date":"2021-02-06T09:29:45","date_gmt":"2021-02-06T08:29:45","guid":{"rendered":"http:\/\/universiteactu.com\/?p=7049"},"modified":"2021-02-06T09:29:46","modified_gmt":"2021-02-06T08:29:46","slug":"conakry-vie-estudiantine-la-galere-des-nouveaux-etudiants","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/universiteactu.com\/?p=7049","title":{"rendered":"Conakry\/Vie Estudiantine: la gal\u00e8re des nouveaux \u00c9tudiants"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">Ils sont pour la plupart venus all\u00e9grement de l\u2019int\u00e9rieur du pays pour faire des Etudes Universitaires \u00e0 Conakry. Et, pour beaucoup d\u2019entre eux, c\u2019est leur premier long s\u00e9jour dans la capitale guin\u00e9enne. Malheureusement, ils d\u00e9couvrent \u00e0 leurs d\u00e9pens le difficile quotidien de cette ville. Actuellement, ces bleus (comme on les appelle dans les Universit\u00e9s) sont dans la d\u00e9sillusion. Leur espoir de vivre tr\u00e8s \u00e9panoui dans cette grande ville de Guin\u00e9e a \u00e9t\u00e9 stopp\u00e9 net par l\u2019enfer de Conakry.<\/p>\n\n\n\n<p> Un enfer qu\u2019ils doivent pourtant supporter pendant trois longues ann\u00e9es pour esp\u00e9rer obtenir un dipl\u00f4me de Licence.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a a toujours \u00e9t\u00e9 comme \u00e7a depuis la suppression du r\u00e9gime d\u2019internat (les dortoirs) dans les Universit\u00e9s publiques \u00e0 Conakry. Chaque ann\u00e9e, les nouveaux \u00c9tudiants qui viennent de l\u2019int\u00e9rieur du pays souffrent le martyr pour trouver un logement dans cette ville qui d\u00e9borde d\u00e9j\u00e0 de monde. Mais, cette ann\u00e9e, les nouveaux \u00c9tudiants qui viennent de fouler le sol de la capitale guin\u00e9enne se trouvent dans une descente aux enfers. Avec la situation \u00e9conomique \u00e9prouvante du guin\u00e9en, asphyxi\u00e9 ces derniers temps par la pand\u00e9mie de COVID-19, r\u00eaver d\u2019un appartement de luxe est un crime que ces \u00e9tudiants ne peuvent se permettre.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils d\u00e9sirent tout simplement avoir une chambre o\u00f9 d\u00e9poser leurs petits sacs et o\u00f9 passer la nuit. M\u00eame un taudis est acceptable, pourvu qu\u2019ils ne soient pas des sans-abris. Malheureusement, il est actuellement tr\u00e8s difficile de trouver m\u00eame ces mis\u00e9rables logements, sans confort ni hygi\u00e8ne \u00e0 Conakry. Les quelques rares qu\u2019on y voit sont quasiment inaccessibles \u00e0 cause de la chert\u00e9 du loyer. Pour une petite pi\u00e8ce commun\u00e9ment <strong>\u00ab entrer-coucher \u00bb,<\/strong> les concessionnaires peuvent banalement demander 500 mille francs guin\u00e9ens (une somme qui d\u00e9passe le SMIG en Guin\u00e9e).<\/p>\n\n\n\n<p>Et, ce n\u2019est pas tout. En plus du probl\u00e8me de logement auquel ils sont confront\u00e9s, ces nouveaux \u00e9tudiants qui viennent de l\u2019int\u00e9rieur du pays sont agac\u00e9s par le co\u00fbt du transport et l\u2019\u00e9ternel combat pour trouver un taxi le matin \u00e0 Conakry. A cela viennent se greffer les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 l\u2019obtention de la nourriture. Isaac KOLIE est venu de N\u2019Z\u00e9r\u00e9kor\u00e9 pour la capitale guin\u00e9enne. A peine arriv\u00e9, il est d\u00e9j\u00e0 d\u00e9\u00e7u, d\u00e9sagr\u00e9ablement surpris de la vie qu\u2019il d\u00e9couvre \u00e0 Conakry. D\u2019ailleurs, il parle d\u2019un<strong> \u00ab changement n\u00e9gatif \u00bb <\/strong>dans sa vie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab C\u2019est ma troisi\u00e8me semaine aujourd\u2019hui \u00e0 Conakry. J\u2019ai quitt\u00e9 la ville de N\u2019Z\u00e9rekor\u00e9 pour ici ; et, depuis mon arriv\u00e9e dans cette capitale, il y a un changement n\u00e9gatif. Parce que le d\u00e9placement devient tr\u00e8s difficile pour nous les nouveaux. Les frais de transport sont trop chers. Chaque jour, il faut payer 14000 francs guin\u00e9ens pour venir \u00e0 l\u2019universit\u00e9. Nous ne connaissons pas tr\u00e8s bien la ville de Conakry. Chaque matin, nous nous bousculons pour emprunter le taxi ; et, tout est cher ici.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>A N\u2019Z\u00e9rekor\u00e9, tu peux passer une semaine sans consommer 50 000 francs. Mais ici, m\u00eame avec 100 000 francs, tu ne pourras pas atteindre la fin de la semaine. Et, vous connaissez la situation actuelle de notre pays, les parents se battent au village pour avoir difficilement 100 000 francs pour te remettre \u00bb,<\/strong> explique-t-il avec inqui\u00e9tude.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme beaucoup d\u2019autres \u00ab bleus \u00bb dans les Universit\u00e9s de Conakry, Jean Paul TOUNKARA, un \u00c9tudiant venu de la pr\u00e9fecture de Kissidougou, se retrouve dans une v\u00e9ritable gal\u00e8re. Le jeune homme est m\u00eame oblig\u00e9 parfois de marcher de l\u2019Universit\u00e9 \u00e0 son domicile pour pouvoir \u00e9conomiser un peu d\u2019argent. <strong>\u00ab J\u2019ai des difficult\u00e9s \u00e0 venir \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 parfois, en raison de la raret\u00e9 des taxis, des embouteillages et de la chert\u00e9 des frais de transport. Il faut se lever \u00e0 6 heures pour arriver \u00e0 temps \u00e0 la fac. Ce que je n\u2019ai jamais connu \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pays.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Depuis mon arriv\u00e9e, j\u2019ai presque d\u00e9pens\u00e9 la moiti\u00e9 de l\u2019argent que les parents m\u2019ont remis. Parfois, je suis oblig\u00e9 d\u2019emprunter un taxi moto pour ne pas rater les cours de 8 heures, parce qu\u2019il y a trop d\u2019embouteillages \u00e0 Conakry. Souvent, pour le retour, je fais le trajet \u00e0 pied. C\u2019est ce qui me permet d\u2019\u00e9conomiser le peu d\u2019argent que j\u2019ai, parce que je ne peux pas appeler les parents \u00e0 tout moment pour demander de l\u2019argent. Le probl\u00e8me de petit-d\u00e9jeuner me cause aussi d\u2019\u00e9normes soucis \u00bb,<\/strong> a indiqu\u00e9 Jean Paul TOUNKARA.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour cet autre \u00e9tudiant en Licence 1, Andr\u00e9 LENO, c\u2019est carr\u00e9ment la d\u00e9sillusion. Lui qui pensait venir dans un Eldorado \u00e0 Conakry est aujourd\u2019hui d\u00e9senchant\u00e9 par la vie qu\u2019il y a trouv\u00e9. D\u2019ailleurs, sa gal\u00e8re a commenc\u00e9 \u00e0 sa descente du v\u00e9hicule qui l\u2019a envoy\u00e9 dans cette grande ville.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab Vraiment la vie d\u2019ici est particuli\u00e8re. Moi, je pensais que Conakry est diff\u00e9rent de l\u2019int\u00e9rieur, mais c\u2019est un autre probl\u00e8me qui se pose ici. Il \u00e9tait tr\u00e8s difficile pour moi d\u2019avoir un tuteur pour m\u2019accueillir. Quand je suis arriv\u00e9 le 28 janvier dernier, la premi\u00e8re difficult\u00e9 que j\u2019ai eue c\u2019est le probl\u00e8me de logement. De 8 heures \u00e0 11 heures, j\u2019\u00e9tais assis \u00e0 la gare routi\u00e8re de Matoto. La personne qui voulait m\u2019accueillir ne s\u2019entendait pas avec sa femme. C\u2019est apr\u00e8s l\u2019accord de celle-ci que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 finalement accueilli. Mon petit-d\u00e9jeuner, c\u2019est moi-m\u00eame qui le prend en charge ; et, mes parents n\u2019ont pas de moyens pour m\u2019envoyer de l\u2019argent \u00e0 chaque fois \u00bb,<\/strong> a-t-il confi\u00e9, chez nos confr\u00e8res de Guineematin avec un air d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, ces \u00c9tudiants ne sont qu\u2019au d\u00e9but de leur peine. Car, ils doivent passer au moins trois ans dans leurs diff\u00e9rentes Universit\u00e9s \u00e0 Conakry pour pouvoir avoir un dipl\u00f4me de Licence. Et, malheureusement, aucune condition n\u2019est cr\u00e9\u00e9e par l\u2019Etat pour leur venir en aide. Les maigres bourses qu\u2019ils pourraient percevoir \u00e0 la fin de chaque mois ne peuvent m\u00eame pas absorber le co\u00fbt des tonnes de brochures (les supports de cours) qu\u2019on leur pr\u00e9sente. Leurs a\u00een\u00e9s des Licences 1 et 2 en savent d\u00e9j\u00e0 quelque chose.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ils sont pour la plupart venus all\u00e9grement de l\u2019int\u00e9rieur du pays pour faire des Etudes Universitaires \u00e0 Conakry. Et, pour beaucoup d\u2019entre eux, c\u2019est leur premier long s\u00e9jour dans la capitale guin\u00e9enne. Malheureusement, ils d\u00e9couvrent \u00e0 leurs d\u00e9pens le difficile quotidien de cette ville. 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