{"id":31979,"date":"2025-05-26T15:05:05","date_gmt":"2025-05-26T13:05:05","guid":{"rendered":"https:\/\/universiteactu.com\/?p=31979"},"modified":"2025-05-26T15:06:00","modified_gmt":"2025-05-26T13:06:00","slug":"quand-le-passe-reprend-surface-les-resurgences-dun-vieux-logiciel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/universiteactu.com\/?p=31979","title":{"rendered":"Quand le Pass\u00e9 Reprend Surface : Les R\u00e9surgences D\u2019un Vieux Logiciel"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">\u00ab Il est plus facile de refaire le monde au caf\u00e9 que de balayer devant sa porte. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>(Adage guin\u00e9en \u2013 Moyenne-Guin\u00e9e)<\/p>\n\n\n\n<p>Ils reviennent. Masqu\u00e9s, mais reconnaissables. Ceux que l\u2019on croyait balay\u00e9s par le vent du renouveau, ensevelis sous le poids de l\u2019histoire, font de nouveau irruption dans la cit\u00e9. Non pas pour construire, mais pour parasiter. Non pas pour \u00e9clairer, mais pour assombrir. Reprennent surface, en effet, les m\u00e9thodes que l\u2019on esp\u00e9rait \u00e9loign\u00e9es de l\u2019univers guin\u00e9en : l\u2019invective comme argument, la calomnie comme strat\u00e9gie, la meute comme mode op\u00e9ratoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Les vautours num\u00e9riques ont remplac\u00e9 les penseurs civiques.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 force de donner la parole \u00e0 ceux qui n\u2019ont pas encore appris \u00e0 penser, nous avons b\u00e2ti une agora o\u00f9 le vacarme tient lieu de vision, et o\u00f9 le doigt accusateur se substitue \u00e0 l\u2019analyse rigoureuse. C\u2019est l\u00e0 une trag\u00e9die : quand les crieurs de place publique s\u2019imaginent sentinelles de la R\u00e9publique.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Lorsque le tam-tam fait trop de bruit, c\u2019est souvent qu\u2019il cache un vide. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>(Adage guin\u00e9en \u2013 Haute-Guin\u00e9e)<\/p>\n\n\n\n<p>Ceux qui, hier encore, accablaient de leur silence les heures graves de notre pays, s\u2019\u00e9veillent subitement pour distribuer les brevets de fid\u00e9lit\u00e9, d\u2019orthodoxie, de loyaut\u00e9. Le plus ironique ? C\u2019est souvent ceux qui n\u2019ont jamais rien b\u00e2ti qui crient le plus fort \u00e0 la trahison. Il y a chez eux l\u2019assurance tranquille de ceux qui ignorent tout du labeur. Ils attaquent ce qu\u2019ils ne comprennent pas, et m\u00e9prisent ce qu\u2019ils ne peuvent imiter.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais que leur reproche-t-on, au fond ? D\u2019agir sans s\u2019agiter ? D\u2019avancer sans gesticuler ? D\u2019avoir compris que le service de l\u2019\u00c9tat n\u2019est pas un th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 l\u2019on gesticule pour exister, mais une charge o\u00f9 l\u2019on produit dans le silence ? Il y a dans leur d\u00e9marche une \u00e9l\u00e9gance qui d\u00e9range, parce qu\u2019elle r\u00e9v\u00e8le la vacuit\u00e9 de ceux qui n\u2019ont que le tumulte \u00e0 offrir.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab L\u2019arbre qui porte des fruits finit toujours par recevoir des pierres. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>(Adage guin\u00e9en \u2013 Basse-Guin\u00e9e)<\/p>\n\n\n\n<p>Ils ne pardonnent pas \u00e0 ceux qui incarnent le s\u00e9rieux. \u00c0 ceux qui prennent le temps de r\u00e9fl\u00e9chir avant de parler, et qui refusent de faire de la politique un concours d\u2019agitation. Ils ne pardonnent pas l\u2019intelligence tranquille, la loyaut\u00e9 discr\u00e8te, la comp\u00e9tence sans bruits. Eux pr\u00e9f\u00e8rent l\u2019ombre \u00e0 la lumi\u00e8re, tant que cette lumi\u00e8re ne les \u00e9claire pas.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019univers guin\u00e9en m\u00e9rite mieux que la nostalgie de pratiques que l\u2019on croyait r\u00e9volues.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce pays a pay\u00e9 un lourd tribut \u00e0 la rumeur \u00e9lev\u00e9e en m\u00e9thode de gouvernance, \u00e0 la haine entretenue comme syst\u00e8me de mobilisation, \u00e0 l\u2019inertie maquill\u00e9e en sagesse. Faut-il, encore et toujours, retomber dans les m\u00eames cercles vicieux ? Faut-il que chaque homme debout soit syst\u00e9matiquement vis\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 tomber \u00e0 genoux ? La grandeur d\u2019un peuple se mesure \u00e0 sa capacit\u00e9 \u00e0 faire place \u00e0 ceux qui b\u00e2tissent, non \u00e0 ceux qui bavardent.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab La grenouille ne devient jamais crocodile, m\u00eame au fond de l\u2019eau. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>(Adage guin\u00e9en \u2013 Guin\u00e9e Foresti\u00e8re)<\/p>\n\n\n\n<p>Les d\u00e9guisements finiront par tomber. Le peuple, malgr\u00e9 les artifices, reconna\u00eet l\u2019odeur du s\u00e9rieux et la texture du mensonge. Il sait faire la diff\u00e9rence entre ceux qui \u00e9crivent l\u2019histoire et ceux qui se contentent de la commenter, entre ceux qui travaillent et ceux qui applaudissent entre deux injures num\u00e9riques.<\/p>\n\n\n\n<p>Ne jamais s\u2019habituer \u00e0 la m\u00e9diocrit\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>Que nul ne se m\u00e9prenne : ce n\u2019est pas un texte de col\u00e8re. C\u2019est un appel \u00e0 la lucidit\u00e9, un sursaut d\u2019esp\u00e9rance. L\u2019histoire n\u2019a pas vocation \u00e0 se r\u00e9p\u00e9ter ind\u00e9finiment comme une mauvaise chanson. Il nous revient \u00e0 tous, intellectuels, citoyens, b\u00e2tisseurs, de refuser les retours en arri\u00e8re d\u00e9guis\u00e9s en sagesse, et de d\u00e9noncer sans peur l\u2019\u00e9mergence d\u2019un folklore politique qui fait honte \u00e0 l\u2019intelligence collective.<\/p>\n\n\n\n<p>Car si nous laissons les bouffons d\u00e9cider du ton, c\u2019est bient\u00f4t la cour tout enti\u00e8re qui dansera au rythme de leur vacarme.<\/p>\n\n\n\n<p>Par Christian Desco CONDE<\/p>\n\n\n\n<p>Politologue, Enseignant-Chercheurs<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Il est plus facile de refaire le monde au caf\u00e9 que de balayer devant sa porte. \u00bb (Adage guin\u00e9en \u2013 Moyenne-Guin\u00e9e) Ils reviennent. Masqu\u00e9s, mais reconnaissables. 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