{"id":16879,"date":"2022-09-19T12:29:47","date_gmt":"2022-09-19T10:29:47","guid":{"rendered":"http:\/\/universiteactu.com\/?p=16879"},"modified":"2022-09-19T12:33:58","modified_gmt":"2022-09-19T10:33:58","slug":"education-quand-les-etablissements-scolaires-cohabitent-avec-les-marches-les-debits-de-boissons-et-les-motels-de-passe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/universiteactu.com\/?p=16879","title":{"rendered":"Education: Quand les \u00c9tablissements Scolaires cohabitent avec les march\u00e9s, les d\u00e9bits de boissons et les motels de passe !"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">Comment peut-on am\u00e9nager un march\u00e9, un maquis et autres chambres de passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un \u00e9tablissement scolaire, temple d\u2019\u00e9ducation des enfants ? Dans cette question, se trouve tout le paradoxe que la r\u00e9daction d\u00e9nonce apr\u00e8s avoir fait le tour de beaucoup d\u2019\u00e9coles-boutiques perdues dans le brouhaha des march\u00e9s de Conakry. Des \u00e9coles qui abritent les kiosques des jeux de hasard&nbsp;et des d\u00e9bits de boisson o\u00f9 squattent les so\u00fblards et autres marginaux&nbsp;au rythme de la musique \u00e0 fond.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans plusieurs quartiers de Conakry, des \u00e9coles sont entour\u00e9s o\u00f9 se situent compl\u00e8tement dans les march\u00e9s, rendant presqu\u2019impossible l\u2019assimilation des cours par les apprenants. Entre les vacarmes des commer\u00e7ants qui courent apr\u00e8s leurs clients et le calme dont ont besoin les \u00e9l\u00e8ves pour mieux comprendre les cours se joue l\u2019avenir de la Guin\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Bienvenue \u00e0 Bonfi, dans la commune de Matam. Ce quartier abrite l\u2019un des march\u00e9s les plus chauds et bouillants&nbsp;de la capitale. Il accueille des milliers de personnes par jour. Au vu de ce ballet quotidien, difficile d\u2019imaginer qu\u2019il existe des \u00e9coles, temples du savoir dans la commune de Matam largement domin\u00e9e par le commerce.<\/p>\n\n\n\n<p>Autour du lyc\u00e9e et du coll\u00e8ge, \u00e9voluent plusieurs commerces. Submerg\u00e9s par l\u2019afflux de vendeurs ambulants et d\u2019articles, les diff\u00e9rentes entr\u00e9es de ces \u00e9tablissements se confondent avec les \u00e9tals des marchandises. Difficiles donc de se frayer un chemin. Une situation que d\u00e9plorent les enseignants et les \u00e9l\u00e8ves. Un fait d\u00e9j\u00e0 difficile auquel s\u2019ajoute l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 aux dires des enseignants.<\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9sence de ces commerces affecte s\u00e9rieusement les enseignants et les \u00e9l\u00e8ves. <em><strong>\u00ab&nbsp;Nous vivons un v\u00e9ritable calvaire ici. Nous avons des difficult\u00e9s pour avoir acc\u00e8s \u00e0 la cour du lyc\u00e9e. D\u00e8s 7 heures, les femmes et les vendeurs&nbsp;de friperie que vous voyez l\u00e0 envahissent les lieux. Ils occupent les espaces. M\u00eame l\u2019entr\u00e9e principale est occup\u00e9e par ces vendeuses de poissons fum\u00e9s. C\u2019est un probl\u00e8me qui date d\u2019aujourd\u2019hui. Nous l\u2019avons signal\u00e9 \u00e0 la Mairie, au gouvernorat, au d\u00e9partement de l\u2019Enseignement Pr\u00e9-Universitaire et m\u00eame au minist\u00e8re de l\u2019Administration et de la D\u00e9centralisation. Mais rien n-est fait jusqu\u2019ici. Tous les directeurs et proviseurs qui sont pass\u00e9s ici ont essay\u00e9 de faire quelque chose. Mais h\u00e9las&nbsp;\u00bb,<\/strong><\/em> raconte avec d\u00e9ception, Mohamed Laminine SYLLA, Professeur de fran\u00e7ais au coll\u00e8ge1 de Bonfi.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 Souleymane DOUMBOUYA, \u00e9l\u00e8ve au lyc\u00e9e, il est difficile de se concentrer pendant les cours<em><strong> \u00ab&nbsp;Il arrive qu\u2019on ne se concentre pas pour mieux suivre les explications des professeurs. Il y a trop de bruits. Les commer\u00e7ants, les clients, les klaxons de v\u00e9hicules nous soumettent \u00e0 des cris et \u00e0 des brouhahas de toutes sortes. Cela nous emp\u00eache de se concentrer en classe&nbsp;\u00bb<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Les vendeurs ambulants, principaux accus\u00e9s, interrog\u00e9s lors de notre enqu\u00eate, disent ne pas avoir le choix.<strong><em> \u00ab&nbsp;On va aller o\u00f9&nbsp;? Il n\u2019y pas de place pour exposer nos marchandises. Tous les magasins sont pris dans le march\u00e9&nbsp;\u00bb, <\/em><\/strong>et le nouveau centre commercial de Dabondy&nbsp;? <em><strong>\u00ab Quel centre ? C\u2019est pour les riches commer\u00e7ants libanais et peuls. Ce n\u2019est pas \u00e0 notre port\u00e9e. Surtout les d\u00e9brouillards comme nous. Ici au moins, on fait notre affaire. C\u2019est vrai. Nous sommes \u00e0 l\u2019entr\u00e9e principale du coll\u00e8ge. Et notre activit\u00e9 g\u00eane les \u00e9l\u00e8ve qui ont besoin du calme pour \u00e9tudier. Mais on n\u2019a pas de choix. Toutes ces femmes que vous avez devant vous, sont pour la plupart des veuves qui g\u00e8rent des familles. Et c\u2019est ici qu\u2019elles cherchent de quoi nourrir leurs enfants. Il n\u2019y a pas de centre commercial pour des petits commerces&nbsp;\u00bb,<\/strong><\/em> regrette la vieille dame N\u2019Nat\u00f4g\u00f4ma TOUNKARA, rencontr\u00e9e dans les environs du Coll\u00e8ge 1 de Bonfi lors de notre passage.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand ces \u00e9tablissements perdus dans les march\u00e9s s\u2019efforcent \u00e0 donner l\u2019\u00e9ducation aux \u00e9l\u00e8ves dans les vacarmes et brouhaha des commer\u00e7ants et des clients, certaines \u00e9coles cohabitent avec des d\u00e9bits de boissons et des kiosques de jeux de hasard voire&nbsp; de motels de passe. C\u2019est le cas \u00e0 Nongo-centre o\u00f9 les fen\u00eatres \u00e0 claustras d\u2019une \u00e9cole primaire priv\u00e9e donnent sur les chambres d\u2019un motel de passe. Quand certains clients pervers par pr\u00e9cipitation, pardon, par m\u00e9garde oublient de fermer les fen\u00eatres lors des \u00e9bats sexuels s\u2019exposent aux regards curieux des apprenants.<\/p>\n\n\n\n<p>Si ce scandale a oblig\u00e9 le fondateur de cette \u00e9cole \u00e0 condamner les fen\u00eatres et les issues du c\u00f4t\u00e9 du motel, beaucoup d\u2019\u00e9tablissements scolaires c\u00f4toient ces lieux de plaisirs dans les quartiers \u00e0 Conakry. Au quartier Lansanaya, les \u00e9l\u00e8ves d\u2019un coll\u00e8ge enclav\u00e9 se voient obliger de traverser la terrasse d\u2019un motel pour acc\u00e9der \u00e0 la cour de l\u2019\u00e9cole. Les petites coll\u00e9giennes font r\u00e9guli\u00e8rement fasse aux so\u00fblards et autres marginaux qui les harc\u00e8lent \u00e0 leur passage.<\/p>\n\n\n\n<p>Parfois m\u00eame les jeunes \u00e9l\u00e8ves se retrouvent dans les d\u00e9bits de boissons pendant des heures ouvrables <em><strong>\u00ab&nbsp;C\u2019est ici nous tuons le temps en attendant l\u2019arriv\u00e9e du professeur. Parfois, on prend un verre avec des professeurs. \u00c7a ne d\u00e9range pas ! On appelle ici le relais&nbsp;\u00bb,<\/strong><\/em> nous raconte avec fiert\u00e9, G\u00e9r\u00f4me GBALAMOU retrouv\u00e9 ivre en plein 13 heures.<\/p>\n\n\n\n<p>A Kaloum, \u00e0 Madina SIG, \u00e0 Dixinn, \u00e0 Col\u00e9ah\u2026les \u00e9coles abritent les kiosques de jeux de hasard. Les enseignants jonglent entre les fiches de pr\u00e9paration de cours et les programmes de Pari Mutuel Urbain (PMU) quand les \u00e9l\u00e8ves se bousculent devant les kiosque de LONAGUI pour les paris sportifs<em><strong> \u00ab&nbsp;Je joue chaque matin avant d\u2019entrer en classe. A dix heures, il faut revenir pour un pari. On ne quitte pas le kiosque jusqu\u2019au soir. \u00e7a ne g\u00e2te rien. On suit normalement les cours&nbsp;\u00bb,<\/strong><\/em> quand&nbsp;&nbsp;Moctar CAMARA de la classe de 12\u00e8me ann\u00e9e&nbsp;&nbsp;nous racontait ce sc\u00e9nario, il avait le sourire en coin. Comme pour narguer les surveillants de son \u00e9cole.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 Gilbert BANGOURA, jouer au PMU \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00e9tablissement n\u2019est pas un mal en soi. <em><strong>\u00ab&nbsp;Je joue au PMU. Si vous voulez, beaucoup d\u2019enseignants parient tous les jours, mais cela n\u2019a pas eu d\u2019impact sur les r\u00e9sultats scolaires. Nous avons fait 60% malgr\u00e9 ce que vous connaissez&nbsp;! Donc o\u00f9 est le probl\u00e8me&nbsp;? Et puis avec les maigres salaires, il y a de quoi. Il faut bien arrondir les fins de mois&nbsp;\u00bb<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9partement de l\u2019Education Nationale, on nous apprend que des d\u00e9cisions ont \u00e9t\u00e9 prises contre ces \u00e9coles situ\u00e9es \u00e0 proximit\u00e9 des d\u00e9bits de boissons, des kiosques des jeux de hasard. On nous a parl\u00e9 d\u2019un service charg\u00e9 de veiller sur l\u2019environnement des \u00e9tablissements scolaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains cadres interrog\u00e9s reconnaissent cette r\u00e9alit\u00e9 qui cr\u00e8ve parfois les yeux<strong><em>.&nbsp;\u00ab&nbsp;Beaucoup d\u2019\u00e9coles cohabitent avec les nids de bandits, des maquis, des lieux de jeux de hasard. Ce qui n\u2019est pas bien pour l\u2019\u00e9ducation des enfants. Les responsables de ces \u00e9coles le savent, mais ne font rien pour nettoyer les alentours.\u00bb, <\/em><\/strong>regrette Dr M. KEITA, un cadre crois\u00e9 dans les locaux du minist\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Guineenews<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment peut-on am\u00e9nager un march\u00e9, un maquis et autres chambres de passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un \u00e9tablissement scolaire, temple d\u2019\u00e9ducation des enfants ? Dans cette question, se trouve tout le paradoxe que la r\u00e9daction d\u00e9nonce apr\u00e8s avoir fait le tour de beaucoup d\u2019\u00e9coles-boutiques perdues dans le brouhaha des march\u00e9s de Conakry. 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