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Enseignement Supérieur : 17 ans après, l’ISAU continue son exploit !

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Dr Siné DIAKITE, Directeur Général de l'Institut Supérieur d'Architecture et d'Urbanisme(ISAU)

Né en 2004, l’Institut Supérieur d’Architecture et de l’Urbanisme de Guinée (ISAU) est jusqu’à présent logé dans le campus de l’Université Gamal Abdel Nasser Conakry. Ce, en dépit de l’importance qu’engendrent les métiers d’Architecture et de l’Urbanisme dans un pays. En Afrique de l’Ouest, en dehors du Togo, seule la Guinée abrite un tel Institut.

Depuis sa création, nonobstant le manque d’infrastructure de standing, l’Institut ne lésine pas sur ses capacités de former des cadres qui aujourd’hui se retrouvent dans les différents grands chantiers du pays.   

Arrivé en 2018 avec une équipe performante, le Directeur Général de l’ISAU Dr Siné DIAKITE mise sur l’expérience des Enseignants et un critère de sélection très rigoureux. « Il faut reconnaitre que cette année, l’Université guinéenne à ses 60 ans. Il faut rappeler l’ISAU est l’un des plus jeunes Instituts crée en 2004 et à commencer à fonctionner en 2005 (…) Ne peut s’inscrire à l’ISAU que l’Étudiant qui a eu au moins 14 moyen au bac. Le recrutement obéit à une règle c’est stricte numerus clausus. Par an, on prend maximum 100 Étudiants Bacheliers de la filière Maths. On prend les 100 parce que c’est solliciter par beaucoup d’Étudiants et de parents d’Étudiants, mais compte tenu de la formation qu’on donne qui est très aigue et rigoureuse, on se limite à ce quota. Je vais vous dire la formation en Architecture et en Urbanisme est très complexe c’est comme en médecine elle doit même être beaucoup plus complexe. Nous nous occupons de toute une population, de toute une masse critique qu’on prépare qu’on mette dans un bâtiment dans une maison, ils peuvent être des centaines ou plus. Quand un ingénieur architecte rate un bâtiment, faites-vous idée que ce bâtiment s’écroule avec tout son contenu…Donc on est très stricte dans la sélection. Les Enseignants nous ne sommes pas nombreux nous sommes à peu près une centaine pour près de 500 à 600 Étudiants cette année.

L’ISAU a la chance d’avoir un meilleur encadrement. Nos salles ne sont pas remplies comme Gamal, Sonfonia… le groupe pédagogique ici c’est maximum 30 Étudiants. Compte tenu de la manière dont les cours sont enseignés, il faudrait que les enseignants aient le moyen de tourner autour de chaque Étudiant. Un Étudiant un tabouret.

Nous sommes l’un des Instituts qui regorge plus d’experts russes, ukrainiens, moldaves, et consorts. Cela, compte tenu des matières qui sont dispensées. Ici (en Guinée) il n’y a pas assez de spécialiste. Par exemple dans le cadre du module Maquette, il n’y a pas de Professeur ici. Donc on est obligé de faire appel à ces spécialistes. Actuellement, ils sont au nombre de 8 experts qui sont en train d’Enseigner.

A l’ISAU c’est Bac+5. Obligatoirement en termes de la 5ème année, les Étudiants soutiennent. Ils sont initiés à la recherche de rapport de fin d’Étude, ils soutiennent, ils reçoivent le diplôme d’architecte d’Etat », souligne Dr Siné DIAKITE.

Il faut noter que l’existence de l’ISAU en Guinée est un exploit, là où plusieurs pays de la sous-région ont échoué. « L’ISAU n’est pas populaire comme les autres Institutions d’Enseignement Supérieur, elle a été créé à l’image de l’indépendance de la Guinée. Vous allez fouiller la sous-région et aller même au-delà en Afrique Centrale, de l’Est, il n’y a pas d’Institutions Publiques en charge de la formation d’Architecture. Le Sénégal, le Mali, la Côte d’Ivoire ont essayé, mais ça n’a pas donné. Nous en 2004, 2005 nous avons créé l’ISAU, mais certains se sont moqués puisque ça n’a pas marché chez les autres. Ils ont pensé que l’ISAU n’allait marcher chez nous, mais on a tenu. Jusqu’à présent on est en train de former des Architectes, on est en train de mettre des produits à la disposition de la population qui sont entrain de satisfaire des besoins de notre population (…) Compte tenu du caractère hautement lucratif de cette corporation, les premiers Architectes qui ont été formé n’ont pas voulu tout de suite créer une Institution. Donc, ils se sont tous créer des cabinets d’Études et évoluant en majorité en privé. Donc c’est pourquoi on est rigoureux, sérieux, nous prenons ce que nous pouvons encadrer », martèle le DG de l’ISAU, tout en indiquant qu’à ce jour « nous avons deux départements. Depuis 2005, on a le département d’Architecture, en 2019 on a ajouté le département Urbanisme. Mais il y a des perspectives. D’autres département comme la Topographie, comme le Patrimoine, il faudrait qu’on crée ces départements de façon exhaustive, parce qu’on ne peut pas former un Architecte sans la Topographie, sans le Patrimoine. Donc, l’Institut est au carrefour des Sciences, ça se recoupe là. Nous avons beaucoup de matière comme la Sociologie Urbaine, et autres ».

L’ISAU est l’une des Institutions les plus jeunes et regorge un personnel très jeune. « Parce que ces jeunes qui ont été formés dans les grandes Écoles du Maghreb, du Cuba et consort, se sont donnés la main, ils sont venus donner des cours aux jeunes. Et ces derniers qui ont soutenus sont immédiatement recrutés à l’ISAU. Ce qui fait que plus 90% sont des jeunes. Mais la Guinée a la chance d’avoir l’ISAU à sa disposition qui forme ses Architectes, puisque l’ISAU est venu révolutionner la construction en Guinée », déclare-t-il.

Malgré ses efforts, l’ISAU enregistre des difficultés. C’est pourquoi Dr Siné lance un appel aux autorités. « Actuellement, nous sommes dans le campus de Gamal. Quand je suis venu ici avec mon équipe en 2018, l’ISAU évoluait dans deux campus. On avait un bâtiment en location à Kipé Dadia, qui abritait le département d’Architecture en moitié et le bâtiment qu’on voit sur le campus de Gamal. Quand je suis venu, j’ai vu que la gestion des deux campus à distance étaient très difficile. Donc, en face de cette difficulté on était obligé de faire appel à l’autorité de Gamal et aux autorités du ministère de l’Enseignement Supérieur de régler ce problème d’infrastructure. Mais de passage, je dois vous dire que l’ISAU dispose d’un domaine à Maferinyah de près de 31 hectares. A la date d’aujourd’hui, nous avons le titre foncier et l’arrêté d’affectation. Donc avec les accompagnements du ministère, nous sommes en train de sécuriser le domaine et nous sommes appelés trop ou tard à quitter le campus de Gamal pour aller à Maferinyah ». Ce domaine selon le DG de l’ISAU va abriter tous les bâtiments administratifs et pédagogiques. « Donc ça sera un complexe technique, où nous allons mettre les Étudiants à régime internat. C’est d’ailleurs, notre appel à l’autorité pour qu’il puisse nous accompagner, trouver des moyens pour que Maferinya soit construit. On aura des foyers, on aura l’hôtel des experts, ça sera un campus normal.

Je ne suis pas à l’aise lors des grands ateliers, des grandes rencontres certains cadres se demandent où se trouvent l’ISAU, et qu’est-ce que c’est ?

J’appelle l’autorité à accompagner l’ISAU. Aujourd’hui, vous n’allez pas voir un seul chantier intéressant dans la ville de Conakry où vous n’avez pas un produit de l’ISAU. Au Grand projet, nous avons nos éléments, au ministère de la Ville, nous avons nos fruits qui fassent l’essentiel du travail.

Ce que je demande aux autorités c’est de tourner la face vers l’ISAU. Si on assiste à cette Urbanisation anarchique, il n’y a pas de courant, pas d’eau, c’est parce que la ville n’est pas Urbanisée. Pour que la ville soit lotie il faut des spécialistes, pour qu’il y ait ces spécialistes, il faut qu’il y ait d’Institut qui les forme.

Il faut que l’Etat sache que l’ISAU est là. Depuis 2005 on a formé une vingtaine de spécialistes étrangers ici. On a formé des Ivoiriens, des Gabonais, des Tchadiens, des Camerounais. Quand ils rentrent chez eux, on reçoit des coups de fils en longueur de journée, chaque année après le bac, on reçoit des dossiers de Candidatures des autres pays, mais on est obligé compte tenu de notre moyen de prendre le minimum. Ici il n’y a pas un seul Étudiant qui sort de l’ISAU qui chôme ».

Quelles sont les perspectives de l’ISAU ?

« Qui est cet enfant qui ne veut pas grandir ?», s’interroge d’entrée en réponse Dr Siné. Poursuivant, notre interlocuteur souligne que l’objectif c’est de faire l’ISAU une grande Université technique qui va former des Architectes, des Urbanistes des gens qui vont se charger de l’Étude du patrimoine de notre pays. « On veut aussi former des Architectes ingénieurs, parce que les Architectes travaillent obligatoirement avec les ingénieurs qui Étudient le terrain, c’est quand l’ingénieur finit son travail, l’Architecte vient.

A date nous sommes en train de préparer des partenariats qu’on doit signer bientôt avec les structures techniques du ministère de la Ville et de l’Aménagement du territoire via ces deux structures là. Nous sommes en contact avec l’ONUHABITAT qui est une Institution onusienne qui est en charge de la politique internationale de la construction presque dans le monde entier, bientôt la signature se fera avec l’ONUHABITAT. Nous avons pris contact avec cette organisation lors du forum de l’habitat à Conakry. L’ISAU à travers les communications lors de ce forum a vraiment attiré l’attention des experts de l’ONUHABITAT, qui ont demandé tout de suite d’entrer en contact avec eux », confie M. DIAKITE, avant d’ajouter : « Il n’y a pas d’Institut de formation en Architecture dans la sous-région. Au Togo il y a une, maintenant là. Cette Institution est chargée de former des Architectes pour l’Afrique.  A ce jour, l’Institut regorge 17 pays africains. C’est pourquoi nous voulons dans les perspectives que notre pays entre dans cette Institution ».

Par ailleurs, parlant de la ville de Conakry, Dr Siné DIAKITE dénonce une mauvaise urbanisation, mais annonce des propositions. « En tant que DG l’SAU, quand je regarde la ville de Conakry je suis triste, parce qu’il faut reconnaitre que la ville est essoufflée, elle est en gorgée… Normalement chaque carrefour de Conakry doit sortir sur la mer, quand vous vous arrêtez vous regardez de gauche à droite vous devez sortir des regards sur la mer. Ça c’est d’abord sur le plan Architectural. Si on prend l’Urbanisme, il faut reconnaitre que Conakry est mal Urbanisé. Une ville Urbanisée doit avoir une population Urbanisée. Un habitant Urbanisée, est un habitant qui est doté d’accès à son domicile, non seulement accès à l’eau, accès à l’électricité et l’accès à la route c’est très important.

Nous sommes en contact avec le ministère de la Ville et de l’Aménagement du territoire, nous avons des propositions pour désengorger un peu la ville. Il faut un peu changer ; un seul sens le matin, un seul sens le soir. C’est pourquoi si vous regardez le plan directionnel de Koloma, il est prévu que des Institutions soient délocalisées là-bas. Parce que vous allez voir que les  90% des départements sont en locations, tous entachés à Kaloum », lâche le DG l’ISAU.

Interview réalisé par SOW Telico

Tel: 00224 622 98 10 01

Email:sowtelico2@gmail.com

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