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Pita: les Cours à distance sont-ils ignorés par les candidats ?

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Le covid19 a  négativement impacté différents secteurs de l’évolution humaine dont celui  de l’Education. Dans le souci de satisfaire les populations en matière de formation scolaire, le ministère en charge de l’Education avait ordonné de faire des cours à distance à partir du 27 avril, pour sauver l’école guinéenne. Ces cours ne concernent que les classes d’examen. Mais force est de constater qu’à Pita ces cours à distance sont complètement ignorés.

Pour comprendre les raisons pour lesquelles ces cours à distance sont ignorés nous avons rencontré différents acteurs  concernés par l’éducation.

Pour  Vincent BONGONO, Directeur d’une école primaire privée du nom de Saint patrice, ‘’plusieurs facteurs expliquent ce non suivi de ces cours. Premièrement c’est une première en Guinée de proposer ces genres de cours aux élèves. Donc les élèves n’ont aucune idée sur ces types de cours. Deuxièmement les parents d’élèves ne se sont pas intéressés à ces cours, parce que non lettrés ou ne s’intéressent qu’aux problèmes de dépenses. Et troisièmement on a le problème le plus essentiel qui est celui du manque de courant’’, a-t-il reconnu.

Le Directeur Préfectoral de l’éducation par intérim Ibrahima Sory BALDE, pour sa part revient sur les recommandations qu’il a faites aux directeurs et principaux d’écoles avant d’énoncer quelques difficultés.

Il dit en ces termes : « dès le début nous avons recommandé aux directeurs et principaux des différentes écoles de la préfecture de Pita, d’enregistrer les différents cours en fonction de leurs diffusions. Pour pouvoir les  mettre sur papier et partager pour les candidats. On avait voulu aussi organiser des cours de radiodiffusions au niveau des maisons des jeunes pour mieux les aider. Mais comme vous savez que les mobilisations sont interdites, ça n’a pas été possible à cause des mesures de prévention de la pandémie en vigueur. Mais actuellement il y a ce problème de courant qui rend les choses très compliquées. En plus les parents d’élèves ne s’intéressent pas aussi et ça, malgré les appels que nous avons lancés auprès des A.P.A.E », a-t-il souligné.

Quant à cette candidate au baccalauréat de la terminale,  sciences mathématiques, Thierno Saran Bayard, elle affirme ne pas être intéressée à ces cours non pas parce qu’elle ne veut pas mais par l’indisponibilité de ces cours.

Elle dira dans la même lancée qu’il ‘’n’y a pas de courant pour pouvoir suivre ces cours à la télévision, si on pense à la radio, des fois elle ne fonctionne pas et quand il y a le courant la façon dont ces cours sont donnés est très rapide, à point qu’on ne peut pas les suivre », selon elle.

Mama Aïssata CONTE, élève de la sixième année au complexe scolaire de Boummalol confie pour sa part ‘’que lorsqu’ils ont commencé à diffuser ces cours à la radio, j’étais intéressée mais avec les coupures de la radio rurale on a abandonné. Parfois la radio rurale fonctionne et  parfois elle ne fonctionne pas. C’est à cause de ça on est plus intéressés’’, reconnait-elle.

Pour Amadou Sara SALL, transporteur et parent d’élèves, ‘’il faut que nos gouvernants souffrent de nous prendre un peu au sérieux. Il y a des maisons qui n’ont jamais eu de courant depuis leur construction. Or il faut le courant pour parler de télévision. Il y a des chefs de famille qui chaque jour que Dieu fait ne cherchent que ce que la famille mange le lendemain. Comment voulez-vous que ces derniers se mettent à suivre leurs enfants dans cette condition? Il y a aussi des élèves même quand ils ont un enseignant devant eux ont du mal à comprendre les cours. Comment voulez-vous que ces élèves pareils s’intéressent à ces fameux cours ?

Il faut que nos gouvernants arrêtent de faire semblant de se conformer aux pays à haute technologie. Cependant qu’ils savent que notre pays n’a même pas bouger’’, a-t-il martelé.

Enfin, il faut signaler qu’à la place des sentiments de satisfaction et de joie que les élèves et les parents d’élèves, bref les populations de Pita auraient pu afficher par rapport à ces cours à distance, ce sont des sentiments de désespoir et d’inquiétude qu’on lit chez eux.

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